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Dieu appelle aujourd’hui comme hier

19 septembre 2026

Depuis le début de son action, l’organisation Vocation Ministry a vu naître des vocations partout aux États-Unis, démontrant que Dieu continue d’appeler des personnes à œuvrer au sein de son Église, mais que la réponse individuelle nécessite souvent le soutien et la prière de toute la communauté.

Rhonda Gruenewald est la fondatrice et présidente de Vocation Ministry, une organisation américaine sans but lucratif dont la mission est de promouvoir les vocations à travers les États-Unis, en collaborant étroitement avec les diocèses.

Le travail de cette institution a débuté en 2011, et depuis lors, elle a constaté que la promotion des vocations est un effort de toute la communauté catholique qui porte de vrais fruits dès le début.

Bien qu’elle accorde une attention particulière aux vocations sacerdotales, Vocation Ministry souhaite encourager les catholiques à découvrir leur vocation, quelle qu’elle soit, de la vie religieuse au mariage.

Dans cet entretien, Rhonda Gruenewald évoque le travail de l’organisation, l’impact qu’elle a eu depuis ses débuts sur les vocations sacerdotales et l’importance de mobiliser toute l’Église dans cet effort.

Quel besoin spécifique avez-vous identifié dans les paroisses et les diocèses qui vous a poussée à créer cette initiative ?

Au début, je ne me rendais pas compte qu’il y avait un besoin. L’un de nos prêtres, fraîchement ordonné, le père Víctor Pérez, m’a demandé de l’aider à relancer un comité paroissial des vocations à l’église catholique Sainte-Cécile de Houston, au Texas. Lors de notre première réunion, il a déclaré : « C’est l’une des activités les plus importantes que nous puissions mener dans notre paroisse, et toutes les paroisses devraient le faire. » Ainsi, lorsque je suis rentré chez moi pour chercher des ressources afin de promouvoir les vocations, je n’ai trouvé que très peu de choses. À quoi cela était-il dû ? Je pensais que toutes les paroisses promouvaient les vocations, mais ce n’était pas le cas.

Ce n’est que plus tard, après avoir écrit Hundredfold: A Guide to Parish Vocation Ministry (Cent pour un : un guide du ministère paroissial des vocations), lancé VocationMinistry.com et animé des ateliers de formation à travers toute l’Amérique du Nord, que j’ai découvert que seules 10 % à 20 % des paroisses s’efforçaient délibérément de promouvoir les vocations par elles-mêmes. Il fallait que cela change.

Quels sont les principaux mythes ou erreurs que commettent les communautés lorsqu’elles tentent de promouvoir les vocations ?

Le premier mythe est que la promotion des vocations est un investissement à long terme qui ne portera ses fruits que dans plusieurs décennies. S’il est vrai que la construction d’une véritable culture vocationnelle est une mission à long terme, nous avons constaté que lorsqu’une paroisse ou un diocèse commence à prier délibérément pour les vocations, à inviter personnellement les jeunes à discerner leur vocation et à impliquer toute la communauté dans la promotion vocationnelle, la réponse peut venir bien plus tôt que ce à quoi les gens s’attendent.

Dieu appelle chaque jour dans chaque paroisse. Souvent, ce qui a manqué, ce n’est pas l’appel de Dieu, mais notre invitation.

Nous l’avons constaté à maintes reprises à travers nos collaborations avec des diocèses de toute l’Amérique du Nord. Dans l’archidiocèse de Hartford, seuls trois séminaristes avaient entamé leur formation au cours des trois années précédant notre collaboration avec Vocation Ministry. Au cours des trois années suivantes, après avoir mis en place une stratégie vocationnelle ciblée et proposé des formations, 27 hommes sont entrés au séminaire.

Le diocèse de Dallas a accueilli 12 nouveaux séminaristes cette année, alors qu’il n’en avait accueilli que deux lorsque nous avons commencé à collaborer en 2024. Dans le diocèse d’Austin, 56 hommes sont entrés au séminaire au cours des quatre années qui ont suivi la mise en œuvre d’une stratégie vocationnelle ciblée, contre 25 au cours des quatre années précédentes.

Ces exemples nous rappellent que lorsque l’Église s’attache délibérément à créer un terrain fertile pour les vocations, Dieu bénit souvent ces efforts de manière extraordinaire.

Le deuxième mythe est que tout le monde comprend déjà ce qu’est une vocation. En réalité, de nombreux catholiques entendent le mot « vocation » et ne pensent qu’au sacerdoce ou à la vie religieuse. L’Église enseigne quelque chose de bien plus vaste. Chaque personne reçoit d’abord l’appel universel à la sainteté, l’appel à connaître, aimer et servir Dieu. À partir de là, Dieu invite chacun d’entre nous à vivre cet appel à travers notre vocation première, qu’il s’agisse du mariage sacramentel, du sacerdoce ou de la vie consacrée.

L’une des plus grandes opportunités pour l’Église consiste simplement à aider les catholiques à comprendre que discerner la vocation de Dieu n’est pas réservé à quelques élus ; c’est le chemin de chaque personne baptisée.

(…)

La véritable question n’est plus de savoir si les vocations sacerdotales sont possibles. La question est : qu’est-ce que ces diocèses [qui ont des vocations] font différemment et comment le reste de l’Église peut-il s’en inspirer ?

(…)

Dans quelle mesure le nombre de fidèles par prêtre influe-t-il sur la capacité à accompagner et à guider les jeunes qui discernent leur vocation ?

C’est peut-être là la conclusion la plus significative de toute notre recherche.

Dans les (…) rapports publiés, une corrélation se détache systématiquement des autres : moins chaque prêtre a de paroissiens à charge, meilleurs sont généralement les résultats d’un diocèse en matière de promotion des vocations sacerdotales.

Le discernement s’opère dans la relation.

Il est rare que des jeunes décident d’entrer au séminaire parce qu’ils ont vu un prêtre célébrer la messe de loin. Le plus souvent, ils répondent à l’appel parce qu’un prêtre les connaissait, les a encouragés, les a invités à servir, a répondu à leurs questions difficiles ou a simplement passé du temps avec eux.

Lorsque les prêtres sont débordés par des milliers de fidèles ou par plusieurs paroisses, ils disposent naturellement de moins de temps pour ce type d’accompagnement personnel. Notre rapport initial a même révélé que les diocèses où les prêtres s’occupent de plus de 4.000 ou 4.500 fidèles peinent constamment à atteindre des taux d’ordination satisfaisants.

C’est pourquoi l’Indice de Disponibilité Sacerdotale est si important. Il aide les évêques à comprendre que la promotion des vocations ne se résume pas à disposer d’un bureau des vocations ou à organiser des événements. Il s’agit également de créer les conditions permettant aux prêtres d’avoir le temps et la liberté d’accompagner personnellement les jeunes.

Dans de nombreux cas, ce sont les prêtres qui inspirent de nouveaux prêtres. Lorsqu’un jeune a régulièrement accès à un prêtre joyeux et saint qui le connaît par son nom, la possibilité d’une vocation sacerdotale devient réelle. Il faut davantage d’occasions de nouer des relations authentiques entre le prêtre et son disciple, car c’est là que naissent le plus souvent les vocations.

Dans les diocèses où les vocations sont les plus nombreuses, quelle importance revêtent des pratiques telles que l’adoration eucharistique perpétuelle ou les « heures saintes » spécifiquement consacrées aux vocations ?

Bien qu’il n’existe pas de données nationales indiquant combien de paroisses proposent une adoration eucharistique perpétuelle ou des « heures saintes » spécifiques pour les vocations, une tendance claire s’est dégagée de mon expérience de travail avec des diocèses de toute l’Amérique du Nord.

Au cours de la dernière décennie, j’ai discuté avec des milliers de prêtres dans plus de 80 diocèses d’Amérique du Nord. Lors de ces ateliers, je demande souvent aux prêtres de lever la main si leur paroisse propose l’adoration eucharistique, qu’elle soit perpétuelle, hebdomadaire ou mensuelle. Dans certains diocèses, un seul prêtre lève la main lorsque je pose la question de l’adoration perpétuelle. Bien que cela soit anecdotique et non scientifique, cela révèle souvent quelque chose d’important : si nous prenons au sérieux la prière pour davantage de vocations, nous devons également nous employer à créer des occasions propices à cette prière.

Jésus lui-même nous a donné la première stratégie vocationnelle : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » (Lc 10, 2). La prière n’est pas simplement une stratégie parmi tant d’autres : c’est le fondement de tout effort vocationnel fécond.

Chez Vocation Ministry, nous encourageons chaque paroisse à commencer par là. L’adoration eucharistique, les « heures saintes » pour les vocations et la prière d’intercession régulière invitent les paroissiens à s’unir au Christ dans la prière pour les futurs prêtres et religieux. Nous pouvons mettre en place d’excellents programmes, événements et initiatives, mais s’ils ne sont pas enracinés dans la prière, ils auront du mal à porter des fruits durables.

On observe une forte présence de vocations dans les communautés dotées d’écoles catholiques solides, d’enseignement à domicile (homeschooling) et de liturgies bien préparées. Quel rôle joue l’environnement culturel et éducatif dans la création d’un « terrain fertile » ?

Les vocations saines naissent rarement par hasard. Elles se développent là où la foi catholique est vécue, célébrée et transmise délibérément de génération en génération.

Des écoles catholiques solides, des communautés pratiquant l’enseignement à domicile, des programmes paroissiaux de formation à la foi et des liturgies empreintes de recueillement contribuent à créer un terrain fertile, car ils plongent les jeunes dans une authentique culture catholique. Ils aident les enfants et les familles à comprendre que chaque personne baptisée a une vocation et que découvrir l’appel de Dieu fait partie intégrante de la vie chrétienne.

Mais ces éléments deviennent encore plus féconds lorsqu’ils sont reliés entre eux par un ministère paroissial des vocations bien pensé. Un ministère paroissial des vocations aide à unir les efforts de la paroisse en encourageant la prière pour les vocations, en donnant aux familles les moyens de parler de l’appel de Dieu à la maison, en aidant les prêtres à inviter les jeunes à discerner, en impliquant les écoles catholiques et les responsables de la catéchèse, et en veillant à ce que la prise de conscience vocationnelle fasse partie intégrante de la vie paroissiale, et ne soit pas seulement un événement ponctuel une fois par an.

La qualité de la liturgie joue également un rôle important. Une célébration de la messe pieuse et respectueuse attire les personnes vers une rencontre avec le Christ, et c’est souvent dans ces moments-là que les cœurs s’ouvrent davantage pour écouter Son appel. De même, les écoles catholiques et les communautés d’enseignement à domicile peuvent offrir davantage d’occasions aux jeunes de rencontrer des prêtres, des religieuses, des religieux et des couples fidèles qui rayonnent de joie, et dont le témoignage rend chaque vocation visible et accessible.

Cependant, c’est peut-être la famille qui exerce la plus grande influence. Les parents sont les premiers accompagnateurs vocationnels de leurs enfants. Lorsque les familles encouragent la générosité envers la volonté de Dieu, lorsque les paroisses promeuvent délibérément une culture des vocations, et lorsque les écoles et les programmes de formation à la foi renforcent ce message, toute la communauté devient un terrain fertile où les vocations peuvent s’épanouir.

(…)

Un message d’espoir : à la lumière des statistiques et du déclin observé dans de nombreuses régions, pourquoi êtes-vous convaincue que la crise des vocations n’est pas un problème lié à l’absence d’appel de Dieu, mais à la réponse de l’écosystème ecclésial ?

Parce que Dieu n’a pas cessé d’appeler. L’Église ne doit jamais cesser d’inviter.

Cette conviction s’est encore renforcée après avoir travaillé avec plus de 80 diocèses à travers l’Amérique du Nord. Nous avons vu des diocèses qui avaient connu des années de baisse des vocations commencer à accueillir de nouveaux séminaristes après avoir délibérément favorisé une culture où la prière pour les vocations, l’invitation personnelle, les témoignages joyeux et le ministère paroissial des vocations sont devenus des priorités. Dieu appelait déjà. L’Église s’est montrée plus déterminée à aider les personnes à écouter et à répondre à Sa voix.

Le pape Benoît XVI l’a magnifiquement exprimé lorsqu’il s’est adressé aux évêques des États-Unis en 2008. Il leur a rappelé que « la capacité à cultiver les vocations à la prêtrise et à la vie religieuse est un signe certain de la santé d’une Église locale », et qu’« il nous appartient à tous de susciter une réponse généreuse et libre à cet appel ».

C’est pourquoi je garde espoir. Les statistiques nous montrent où se situent les défis, mais elles révèlent également que certains diocèses connaissent une croissance remarquable. Ces diocèses nous rappellent que la crise des vocations n’est pas inévitable. Lorsque l’Église crée délibérément un terrain fertile où l’on peut entendre l’appel de Dieu, davantage de personnes y répondent avec générosité.

Notre confiance ne repose ni sur la démographie ni sur les tendances. Elle repose sur la fidélité de Dieu, qui continue d’appeler, et sur la responsabilité de l’Église de créer les conditions pour que cet appel soit entendu, nourri et accueilli avec joie.

Source : https://www.omnesmag.com/actualidad/mundo/discernir-la-vocacion-no-es-solo-para-unos-pocos/. Cet article a été publié sous le titre : Rhonda Gruenewald : « Discerner sa vocation n’est pas réservé à quelques-uns ; c’est le chemin de chaque personne baptisée ». Ce texte a été traduit de l’espagnol par Stéphane Seminckx.