Le changement de sexe chez les enfants

Gènéthique | Publié le .

Le site Gènéthique se fait l’écho d’une tribune libre publié dans le journal l’Express.

 

 

« Nous ne pouvons plus nous taire sur ce qui nous apparaît comme une grave dérive commise au nom de l’émancipation de l'‟enfant-transgenre” ». Prenant la parole au nom de la « protection des enfants » dans une tribune pour le journal l’Express, plus de cinquante médecins, psychologues, et intellectuels (philosophes, écrivains ou encore juristes) (1) s’indignent « contre les discours sur “l’autodétermination” de l’enfant ».

Des discours idéologiques

« On fait croire aux enfants qu’une fille pourrait devenir un garçon et inversement parce qu’ils l’auraient décidé sans même l’avis des adultes, et ce, de plus en plus jeunes », s’insurgent-ils. Ainsi, en Écosse par exemple, selon les directives du gouvernement, les enfants « dès l’âge de l’entrée en primaire auront la possibilité de changer de nom d’usage et de sexe à l’école sans le consentement de leurs parents ». Même sans les en informer si l’enfant le demande.

« Des discours banalisés prétendent qu’on pourrait se passer du réel biologique, de la différence sexuelle entre hommes et femmes au profit de singularités choisies fondées sur les seuls “ressentis” », déplorent les signataires. Des discours « mensongers relevant de l’idéologie » qui fleurissent sur les réseaux sociaux « où de nombreux adolescents en mal d’identité viennent chercher des solutions à leur malaise ». Alors « au nom de l'“autodétermination” — véritable slogan qui séduit tous les progressistes — je suis libre de choisir le corps que je veux — des enfants et des adolescents sont convaincus qu’ils peuvent changer de sexe à l’aide de traitements hormonaux voire de chirurgies mutilantes ».

Des demandes de changement de sexe qui explosent

Et ces discours ne sont pas sans conséquence. Il y a dix ans, on recensait environ dix demandes de changement de sexe par an pour la région Ile-de-France, précise Jean Chambry, pédopsychiatre responsable du CIAPA (Centre Intersectoriel d’Accueil pour Adolescents à Paris). Aujourd’hui, c’est dix par mois. Une explosion des demandes qui touche en particulier les adolescentes.

Pourtant « ce phénomène, “l’enfant-transgenre”, est en réalité une mystification contemporaine qu’il faut dénoncer vigoureusement car elle relève de l’embrigadement idéologique » affirment les signataires de la tribune. Car l’enfant est « un être en construction », quand « on voudrait nous faire croire qu’au nom du bien-être et de la liberté de chacun, un enfant, délesté de l’accord de ses “réactionnaires” de parents, serait à même de “choisir” son identité dite genrée ».

Un « rapt de l’enfance »

Les signataires de la tribune dénoncent « une emprise dont les conséquences entraînent une déstabilisation mentale, une rupture avec la famille si elle ne soutient pas son enfant et avec tous ceux qui refusent de partager son point de vue ». D’ailleurs « les discours de ces jeunes sont souvent stéréotypés comme s’ils avaient perdu tout esprit critique », pointent-ils, dénonçant un « rapt de l’enfance ».

Car selon ces personnalités, nous pourrions faire face à l’« un des plus grands scandales sanitaire et éthique », « la marchandisation du corps des enfants ». En effet, « en persuadant ces enfants qu’un sexe leur a été “assigné” à la naissance, et qu’ils peuvent librement en changer, on en fait des patients à vie, soulignent-ils : consommateurs à vie de produits chimiques hormonaux commercialisés par les firmes pharmaceutiques, consommateurs récurrents de toujours plus d’opérations chirurgicales dans la poursuite du rêve chimérique d’un corps fantasmé ».

Une remise en cause de l’universalisme des droits

Mais « avons-nous (encore) le droit de réagir sans se faire insulter, menacer ? », interrogent-ils. « Plus personne ne sait comment agir et élever sa voix souvent par crainte de certaines associations LGBTQI+ », regrettent les signataires. Un sigle qui pourtant « recouvre des personnes bien différentes dont certaines s’inquiètent comme nous des dérives actuelles », et dont certaines souffrent de « la loi du silence qui règne dans ce milieu ». Un exemple en est donné par « le documentaire suédois Trans train où de jeunes adultes, abandonnés à leur solitude, et menacés en cas de prise de parole publique, déclarent avoir subi des pressions de leur communauté trans dès lors qu’ils ont émis des doutes ou “détransitionné” » (cf. Détransition de genre : un phénomène d’ampleur ?).

Dans ce contexte, ces cinquante personnalités font cependant valoir leur droit à réagir : « Nous refusons qu’au nom des “droits à la personne”, on récuse ce socle commun — l’universalisme des droits — qui constitue le fondement de l’humanité ».

[Note de la rédaction : au mois de mai dernier, le même site Gènéthique signalait que le prestigieux hôpital universitaire Karolinska, de Stockholm, abandonnait la pratique de changement de sexes chez les mineurs d’âge : https://www.genethique.org/dysphorie-de-genre-un-hopital-abandonne-le-traitement-hormonal-chez-les-mineurs-juge-experimental/]

(1) La liste des signataires peut être consultée à la fin de l’article original. Source : https://www.genethique.org/changement-de-sexe-chez-les-enfants-un-des-plus-grands-scandales-sanitaire-et-ethique/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=modele-lettre_80, publié le 21-9-21.

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