Libérer l'économie des idéologies

Écrit par Giampaolo Crepaldi le .

Certaines idéologies tendent à bannir Dieu de l’activité économique.

 

Doctrine sociale de l’Eglise et idéologies

(…) La doctrine sociale de l’Église s’oppose, par sa nature même, à l’idéologie parce qu’elle est réaliste alors que l’idéologie est toujours une dissimulation instrumentale de la réalité. (…) Les idéologies s’accusent souvent les unes les autres d’être idéologiques, mais en restant toujours dans le jeu de l’idéologie. La doctrine sociale de l’Église, au contraire, le fait de l’extérieur, sans participer au jeu de l’idéologie. C’est ce que nous a dit Caritas in Veritate de Benoît XVI, en nous rappelant que la vérité se fait don d’elle-même, sans être notre production. L’idéologie est notre production avec laquelle nous voulons couvrir la réalité et la vérité, considérée comme une grande idéologie. La doctrine sociale de l’Église est au contraire réaliste, elle pense que la vérité n’est pas idéologique, elle nous libère des idéologies précisément parce qu’elle est reçue et non produite par nous. La vérité nous rend libres. L’idéologie est toujours un artifice, la doctrine sociale de l’Église ne l’est jamais. Au contraire, elle éduque l’intelligence et le cœur des gens à la réalité, au raisonnement juste, à une foi consciente et raisonnable, au développement véritable, à la confiance dans les ressources humaines et dans l’homme en tant que ressource.

L’idéologie est pessimiste parce qu’elle ne voit la réalité qu’en la falsifiant, alors que la doctrine sociale de l’Église est optimiste parce qu’elle refuse de couvrir la réalité d’une couverture favorable aux intérêts partisans. La doctrine sociale est « de l’Église » et l’Église est la Fiancée du Logos, de la Sagesse et de la Vérité. Les idéologies sont des masques, la doctrine sociale regarde le visage du Christ dans lequel le Père s’est révélé et qui révèle aussi le visage de l’homme.

(…) L’économie est (…) actuellement en proie aux idéologies et la pandémie elle-même est gérée de manière idéologique. Nous nous rendons tous compte que les données ne nous parviennent pas dans la bonne version, ou que la science et les scientifiques sont gérés selon des critères non scientifiques. (…) Il y a une rationalité économique, une économie par opposition à une déséconomie, mais nous savons que les sciences humaines sont au plus bas niveau de l’échelle de la rigueur scientifique et que ce que Popper a soutenu n’est pas vrai, à savoir que prévoir une éclipse de soleil revient au même que prévoir un krach boursier. L’économie dépend du système moral de référence. Jean-Paul II nous a appris qu’un effondrement économique n’a jamais que des causes économiques. Il y a un esprit d’entreprise humain qui précède l’esprit d’entreprise économique, comme nous le rappelle Caritas in Veritate. L’économie dépend des idéologies quand elle l’oublie ; la doctrine sociale de l’Église la sauve des idéologies quand elle le lui rappelle.

(…) Le salut a souvent été réduit à la santé et le bien commun a été manipulé pour coïncider avec l’application des restrictions ordonnées par le gouvernement. Ainsi, l’économie a été abandonnée aux idéologies. La doctrine sociale a des exigences qu’elle pose à l’économie, non pas pour la faire devenir une foi religieuse ou une éthique sociale, mais pour la rendre meilleure sur le plan économique, en ayant conscience qu’elle ne peut être séparée de l’éthique sociale et de la foi religieuse. La plus grande idéologie économique est que l’économie est capable de se faire elle-même et que pour être une véritable économie, elle n’a besoin que d’elle-même. A partir de la correction de cette macro-idéologie, la doctrine sociale de l’Eglise intervient pour corriger une série d’idéologies économiques possibles. Je voudrais en citer quelques-uns à titre d’exemple, en essayant également de garder un œil sur l’actualité, notamment en Italie et en Europe.

Propriété privée et destination universelle des biens

Parmi les principes fondamentaux de la doctrine sociale de l’Église, il y a le droit naturel à la propriété privée, qui a toujours été présent dans le Magistère social de Léon XIII au pape François. Prévoyant sa déformation éventuelle, Léon XIII avait suggéré que les biens soient considérés comme siens en ce qui concerne la possession, mais comme communs en ce qui concerne leur utilisation. Cette distinction est d’ordre moral et est propre à la personne et à sa créativité. En outre, elle doit être réalisée dans le respect de l’ordre social, par exemple, en passant d’abord par la famille et les organismes intermédiaires. En revanche, lorsque l’usage social de la propriété est imposé du haut d’un système politique centraliste, lorsqu’il est censé être mis en œuvre au moyen d’un système fiscal injuste, voire d’un système de vol, lorsqu’un système bureaucratique est construit pour ce faire, dont le but est sa propre préservation et peut-être son propre développement, alors le principe du droit à la propriété privée est couvert par l’idéologie.

C’est également le cas lorsque ce droit est opposé au principe de la destination universelle des biens, ou lorsqu’il est compris comme un instrument en relation avec ce principe, mais dépourvu de sa propre dignité, réduit au rang de simple moyen d’atteindre la destination universelle. Les deux principes de la propriété privée et de la destination universelle des biens doivent être compris comme étant sur le même plan, j’ose dire comme les deux faces d’un même principe. Il est vrai que la propriété privée est le principal moyen d’atteindre la destination universelle des biens, mais cela ne signifie pas qu’elle doit être comprise uniquement comme un instrument dont la dignité n’est pas originelle mais dérivée. En effet, elle est même présente dans le Décalogue ; c’est un élément de la loi naturelle et révélée.

Je fais ces observations non pas pour célébrer l’exaspération individualiste de la propriété privée, mais parce que j’ai l’impression que la gestion idéologique actuelle de la pandémie vise à réduire ce principe par deux voies apparemment opposées mais désormais combinées. La première est la renaissance du centralisme étatique. La faiblesse de la population, l’alarme sociale souvent induite et l’isolement alimentent un besoin de protection qui donne à l’étatisme un espace inattendu.

L’État central ne donne pas de grandes réponses aux problèmes sanitaires et sociaux qui en découlent, mais des cas comme celui de l’Italie, parmi beaucoup d’autres, témoignent de ces processus de recentralisation. L’autre voie, apparemment différente, est l’impulsion que la pandémie a donnée à la « société ouverte ». Nous entendons par là une plus grande unification mondiale, la création de pouvoirs supranationaux forts, un métissage culturel post-religieux, une « obéissance » universelle dans nos modes de vie, l’acceptation d’une hiérarchie de valeurs produite artificiellement. On dit que la pandémie nous oblige à travailler ensemble, qu’elle nous oblige à changer nos modes de vie, que nous devons éliminer les frontières.

Il s’agit évidemment de forçages idéologiques qui s’appuient sur certains éléments de vérité et déforment ensuite le tableau d’ensemble. Par exemple, il est vrai que la pandémie nous oblige à travailler ensemble, mais cela exige aussi que nous tracions des frontières et que nous ne négligions pas la contribution des acteurs de la société civile, tant au niveau local que national. Au moment de l’urgence aiguë du printemps dernier, le volontariat non institutionnalisé a apporté une contribution majeure.

Il est vrai que nous devons changer les modes de vie, mais pas en assumant ceux imposés par un soi-disant nouvel ordre mondial, mais ceux liés à la nature de l’homme, à la famille, à la vie. Comment se fait-il — on peut se le demander — que parmi les changements de vie proposés, il n’y ait jamais la redécouverte de la famille, du mariage, de la procréation à l’échelle humaine, de l’importance économique et écologique de la natalité ? L’économie est ainsi colonisée d’une part par un nouvel État et d’autre part par un nouveau monde, deux différences idéologiques qui la transforment en une déséconomie. Ils semblent distants les uns des autres mais convergent sur le critère du contrôle centralisateur que la doctrine sociale de l’Eglise a toujours rejeté.

Fraternité humaine

J’ai abordé le thème du nouveau mondialisme. La doctrine sociale de l’Église a toujours enseigné le principe de l’unité de la race humaine. Une unité d’origine et de destin. (…).

Pour la doctrine sociale de l’Église, la fraternité ou la solidarité humaine se fonde sur deux niveaux. La première est d’ordre naturel : nous sommes frères parce que nous sommes tous des hommes, nous sommes égaux en dignité, nous foulons le même sol, nous vivons ensemble non pas pour des raisons de fait mais pour la vocation. Ce niveau naturel nous donne également les règles de notre fraternité, c’est-à-dire la loi naturelle et la loi morale naturelle, qui permettent à la fraternité ontologique de devenir également une fraternité morale. Le Décalogue est une loi de fraternité et de solidarité. En fait, elle est valable sous toutes les latitudes. L’autre plan est le plan surnaturel : nous sommes frères parce que nous sommes enfants de Dieu, enfants d’un seul Père. Le plan naturel est le plan d’une fraternité civique et éthique, le plan surnaturel est le plan d’une fraternité religieuse et salvatrice. Les deux plans sont en continuité l’un avec l’autre, car la nature se réfère au Créateur et le surnaturel au Sauveur, qui sont le même Dieu.

(…) L’économie ne génère pas en soi la fraternité, mais elle peut l’aider si elle est guidée par une véritable fraternité dans les deux ordres mentionnés ci-dessus. Lorsque, d’autre part, le concept de fraternité est déformé pour des raisons imputables à l’économie, alors l’économie est également déformée. Il me semble que c’est la situation dans l’Union européenne, où il y avait une certaine idée de la fraternité qui aurait dû animer l’économie, mais c’est finalement la nouvelle économie qui a demandé et obtenu un nouveau (faux) concept de fraternité. Du cadre culturel de l’Union européenne ont disparu à la fois le fondement naturel de la fraternité, puisque les Cours européennes et le Parlement européen ne se réfèrent plus au droit naturel, et le véritable fondement transcendant, qui ne peut être remplacé par une référence générique aux religions, quelles qu’elles soient.

La religion écologique

Un fait que nous avons devant nous aujourd’hui semble réfuter cette dernière observation. En fait, une nouvelle religion semble être née en Europe et, par conséquent, il ne serait pas vrai que l’Union ait abandonné la transcendance. Cette nouvelle religion est la religion écologique. (…).

Ils nous disent que les sources d’énergie non renouvelables seraient sur le point de s’épuiser ; mais en sommes-nous vraiment sûrs ? Ils nous disent que les émissions humaines, en particulier de dioxyde de carbone, sont la principale cause du réchauffement climatique. Mais en sommes-nous vraiment sûrs ? Ils nous disent que les centrales d’énergie renouvelable sont respectueuses de l’environnement. Mais sommes-nous sûrs de cela ? Ils nous disent que l’économie verte sera une économie légère, équitable et durable. Mais sommes-nous sûrs de cela ?

(…) L’écologisme actuel, s’il est appliqué selon des idéologies qui semblent le dominer, produit des injustices et affecte les pauvres. On dépense plus de ressources pour les chiens que pour les enfants, pour la recherche sur la salubrité de l’air que pour la défense de la vie, pour apprendre aux nouvelles générations à respecter l’environnement plutôt que pour avoir des enfants. Dans Caritas in Veritate, Benoît XVI a mis en évidence avec beaucoup de clarté cette distorsion fondamentale de notre culture, qui désoriente l’économie de ses véritables objectifs. Des sommes énormes sont dépensées pour défendre la nature plus que pour défendre l’homme. L’idéologie d’une nature déshumanisée opère ici, mais à ce stade, ce n’est qu’un tas de pierres. Pensez, par exemple, aux prédictions récurrentes sur l’épuisement des ressources énergétiques. Ils négligent les ressources humaines, comme si tout était entre les mains de la matière et rien entre les mains de l’intelligence humaine.

Le principal dommage économique produit par l’idéologie écologiste consiste à induire une réduction du taux de natalité. Si nous plaçons l’économie sur la consommation individuelle et surtout du plaisir, une société sans enfants, sans famille, composée d’individus asexués ou polyvalents qui travaillent pour consommer et consomment pour travailler est certainement attractive pour des opérateurs économiques sans scrupules. Mais si nous regardons l’économie réelle, nous voyons que s’il n’y a pas de famille et si les enfants ne naissent pas, le système en général ne tient pas la route. L’idéologie anti-famille et antinataliste est parmi les plus pernicieuses aujourd’hui. Jean-Paul II avait bien souligné l’importance économique fondamentale de la famille qui est une école de travail, une raison d’épargner, un amortisseur social en cas de crise, un capital social, une éducation aux vertus civiques, une transmission des connaissances et des compétences entre les générations.

Le manque de nouveau-nés entraîne un manque de vision de l’avenir de la part d’une société vieillissante, des coûts improductifs, une dépendance vis-à-vis des institutions politiques, une stagnation de la créativité au travail. L’idéologie anti-famille et antinataliste veut changer l’économie, mais le but est de créer une société anti-famille et antinataliste aux valeurs répandues. Son but est de priver les gens de leur famille et de leur vie. Et, attention, non seulement de nier la famille et la voie naturelle, mais de nier la Sainte Famille et la vie surnaturelle. S’il y a une diminution du nombre de magasins de vêtements pour bébés dans la société et une augmentation des centres de toilettage pour chiens, il est évident que derrière l’économie, il y a une idéologie qui subvertit les valeurs en jeu. Mais gardons à l’esprit que la subversion des valeurs en jeu doit nécessairement aller jusqu’au fondement ultime des valeurs en jeu.

Je pense sérieusement que lorsque nous parlons d’économie ou d’écologie, nous n’avons pas toujours conscience de la valeur religieuse ou antireligieuse de toutes les idéologies qui s’y rattachent.

Nous pensons que la question de Dieu n’a rien à voir avec cela alors qu’elle est au contraire centrale. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la doctrine sociale de l’Église s’y intéresse. Si la question de Dieu était accessoire et marginale et si les choses pouvaient bien se passer même sans Lui, la doctrine sociale de l’Église serait utile mais pas indispensable. Une vision idéologique de la vie, de la famille, de la nature, de l’économie n’est pas neutre par rapport aux conséquences religieuses. Je voudrais rappeler ici la quatrième glose de Marx à Feuerbach que j’ai lue dans la traduction italienne de Palmiro Togliatti : « après avoir découvert que la famille terrestre est le secret de la famille sacrée, elle est la première à être critiquée ». La famille naturelle est démolie, mais le but est de démolir la Sainte Famille. L’idéologie écologique est liée à l’idéologie antinataliste, car avoir plus d’un enfant est considéré comme une menace pour l’environnement aujourd’hui. La politique de l’enfant unique est également présente dans nos sociétés occidentales.

La décroissance économique

C’est le fondement d’une autre idéologie qui est aujourd’hui très répandue, l’idéologie de la décroissance économique. Benoît XVI dans Caritas in Veritate liquide cette perspective en disant qu’elle manque de confiance en l’homme. Nous pouvons reprendre ici ce qui a été dit précédemment : la nature ne doit jamais être considérée uniquement en elle-même, mais toujours en relation avec l’homme et son devoir de la dominer, de l’organiser, de la faire produire pour l’humanité, selon la justice certes et non de manière imprudente, mais aussi sans renoncer à sa position centrale : la nature est pour l’homme et non l’homme pour la nature. Le concept de décroissance est désormais alourdi par un poids idéologique très évident.

Elle ne signifie pas une simple prudence économique, mais indique un blocage du progrès et de la production de richesses, comme si le fait d’être tous plus pauvres était en soi une garantie de justice et de paix. En ce sens, la décroissance a toutes les caractéristiques de l’utopie, ainsi que celles de l’idéologie. Les différents millénarismes et paupérismes hérétiques que nous avons connus au cours de l’histoire ont exprimé le même concept. Mais l’Eglise les a toujours défiés et l’ardeur des moines a toujours pensé à humaniser la nature plutôt qu’à naturaliser l’homme. Pour ce faire, ils ont été poussés non seulement par l’amour de la nature, non seulement par l’amour de l’homme, mais surtout par l’amour de Dieu.

Les utopies ont toujours causé de grandes souffrances à l’humanité. L’utopie de la décroissance embrasse l’utopie égalitaire, qui voit la dignité commune de l’humanité comme une identité existentielle. Il est vrai que tous les hommes sont égaux en dignité essentielle. Toutefois, cela ne signifie pas qu’ils sont égaux en termes de dignité morale, ni qu’ils sont égaux en termes de conditions de vie. Lorsque les différences ne sont pas causées par l’injustice, elles représentent une valeur pour la société dans son ensemble, car tous les hommes n’ont pas les mêmes talents et ne sont pas tous capables du même engagement. Lorsque le centralisme politique et économique prévaut, on risque de comprendre l’égalité comme un aplatissement garanti par le système. Plus ou moins toutes les formes d’aide publique que nous avons connues au cours des dernières décennies ont commis cette erreur. L’idéologie égalitaire commet alors une autre erreur d’approche : elle pense que les inégalités sociales provoquent des inégalités morales, alors que c’est le contraire qui est vrai. Ce n’est pas la pauvreté qui produit l’immoralité, mais l’immoralité qui produit la pauvreté.

Conclusion

J’en viens maintenant à la conclusion de cette intervention. En ce qui concerne les nouvelles idéologies économiques, celles que j’ai brièvement mentionnées et d’autres encore, je crois que nous ne devons faire qu’une seule chose : garder à l’esprit tout le bagage de la doctrine sociale de l’Église. Ses principes du bien commun, de la solidarité, de la subsidiarité, de la destination universelle des biens et du droit à la propriété privée, ainsi que ses références au droit naturel et au droit révélé, ses visions de la personne, de la famille, de la procréation, de l’autorité et de la liberté, de la fonction des sociétés naturelles et des corps intermédiaires, sa vision de l’unité du genre humain non pas comme une somme universaliste d’individus mais articulée en peuples et en nations sont quelques éléments de ce bagage organique.

Je ne pense pas qu’il suffise de corriger la vision idéologique unique, je pense plutôt que nous devons proposer à nouveau une image globale correcte. C’est le jour de la doctrine sociale de l’Église et notre engagement commun doit donc être envers elle, repris dans l’intégralité de sa tradition.

J’ai dit au début que la doctrine sociale de l’Église est réaliste puisqu’elle se réfère à un ordre finaliste de la société des hommes selon le plan de Dieu mis en œuvre dans la création et perfectionné dans la rédemption. Je pense donc que l’économie doit également être guidée par ce réalisme, en respectant l’ordre naturel et subsidiaire des compétences. Aujourd’hui, la famille est privée de ses fonctions économiques physiologiques et est alourdie par des fonctions économiques artificielles. La vie est instrumentalisée et affectée par une économie qui lui est opposée. Le commerce effroyable de fœtus avortés ou le marché de la location de l’utérus le démontre de façon dramatique. Le marché de la procréation artificielle ou le marché du suicide assisté dans les cliniques de la mort produit de gros profits mais détruit le sens de la vie. L’économie de l’éducation et de la formation risque de ne pas éduquer plutôt que d’éduquer. Le commerce et la traite des êtres humains au sein des flux migratoires fortement dénoncés par le pape François, qui ne tiennent compte ni des personnes ni du droit à une patrie, déstabilisent les sociétés de départ et d’arrivée.

Ensuite, l’économie doit repartir de ces petites/grandes choses : la vie, la famille, la responsabilité éducative, les gens, la nation. Ce sont tous des éléments naturels, qui appartiennent à l’ordre finaliste de la société. Ils sont le moyen de libérer l’économie des idéologies qui la corrompent.

Mgr Giampaolo Crepaldi est l’archevêque de Trieste, en Italie. Auparavant, il était le secrétaire du conseil pontifical « Justice et Paix ». Ce texte reproduit de larges extraits de la « lectio magistralis » prononcée par l’auteur à l’occasion de la troisième journée de la doctrine sociale de l’Église, qui s’est tenue le 17 octobre 2020 à Lonigo (VI). Les intertitres sont de notre rédaction. Source (avec quelques adaptations) : http://www.belgicatho.be/archive/2020/10/21/liberer-l-economie-des-ideologies.html.

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