{"id":2171,"date":"2014-07-12T10:50:00","date_gmt":"2014-07-12T08:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/didoc.be\/mariage-et-divorce-au-temps-du-christ\/"},"modified":"2023-11-09T15:49:33","modified_gmt":"2023-11-09T14:49:33","slug":"mariage-et-divorce-au-temps-du-christ","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/didoc.be\/fr\/mariage-et-divorce-au-temps-du-christ\/","title":{"rendered":"Mariage et divorce au temps du Christ"},"content":{"rendered":"<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">On entend fr\u00e9quemment, et \u00e9galement dans des milieux catholiques, que la concession de la communion aux divorc\u00e9s remari\u00e9s est une exigence que l\u2019on doit \u00e0 notre \u00e9poque. Aujourd\u2019hui les personnes divorc\u00e9es remari\u00e9es sont trop nombreuses pour que l\u2019on maintienne en vigueur des lois anciennes et des vieux sch\u00e9mas.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Il s\u2019agit \u00e9videmment d\u2019une id\u00e9e fragile selon laquelle la v\u00e9rit\u00e9 est soumise \u00e0 l\u2019arbitraire du nombre. Elle a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par les radicaux (gauche italienne). L\u2019on disait alors <em>\u00ab&nbsp;ils sont d\u00e9j\u00e0 des millions les divorc\u00e9s de fait, trop pour ignorer plus longtemps la possibilit\u00e9 de reconna\u00eetre le divorce&nbsp;\u00bb<\/em>. Et ce sont toujours les m\u00eames qui ont utilis\u00e9 l\u2019id\u00e9e du nombre pour l\u00e9galiser l\u2019avortement&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;puisque les avortements clandestins sont d\u00e9sormais la norme, il vaut mieux r\u00e9gulariser l\u2019avortement sans plus&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Mais le but de cet article n\u2019est pas d\u2019\u00e9valuer un tel raisonnement du point de vue logique, ni m\u00eame du point de vue th\u00e9ologique. Le but est de comprendre, simplement, du point de vue historique, si cette position est compatible avec l\u2019enseignement du Christ.<\/p>\n<h3>Ce que le Christ a enseign\u00e9\u2026 et enseignerait<\/h3>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Les questions qui nous semblent essentielles sont donc les suivantes&nbsp;: comment se comporterait Celui qui est infiniment bon et mis\u00e9ricordieux, J\u00e9sus-Christ lui-m\u00eame, s\u2019il venait aujourd\u2019hui&nbsp;? Changerait-il la doctrine de l\u2019indissolubilit\u00e9 du mariage, en la consid\u00e9rant d\u00e9pass\u00e9e et non respectueuse du grand nombre de divorc\u00e9s-remari\u00e9s qui existent aujourd\u2019hui&nbsp;? Introduirait-il des exceptions, de la casuistique, des probl\u00e9matiques diff\u00e9rentes (\u2026)&nbsp;? J\u00e9sus rendrait-il un peu plus flexible ce laconique et lapidaire commandement qui dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce que Dieu a uni, que l\u2019homme ne le s\u00e9pare pas&nbsp;\u00bb (<em>Mt<\/em> 19, 8)&nbsp;?<\/p>\n<h3>La situation \u00e0 l\u2019\u00e9poque de J\u00e9sus<\/h3>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Le point de d\u00e9part est sans conteste le fait que le mariage, dans le monde antique et pr\u00e9-chr\u00e9tien \u00e9tait de deux types&nbsp;: monogamique et polygamique. La monogamie \u00e9tait pr\u00e9sente en Gr\u00e8ce, dans le peuple juif et \u00e0 Rome. Dans d\u2019autres civilisations, la polygamie \u00e9tait la r\u00e8gle. L\u2019enseignement du Christ sur la famille n\u2019est donc pas une nouveaut\u00e9 tout-\u00e0-fait inou\u00efe&nbsp;: diff\u00e9rents peuples \u2014&nbsp;je le r\u00e9p\u00e8te&nbsp;\u2014 consid\u00e9raient la monogamie comme le pilier de la soci\u00e9t\u00e9. Nous sommes en pr\u00e9sence de ce qui est appel\u00e9 habituellement \u00ab&nbsp;droit naturel&nbsp; \u00bb&nbsp;: aussi les peuples non chr\u00e9tiens entendaient r\u00e9sonner dans leur c\u0153ur le son des exigences morales universelles. De la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019Hippocrate, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019avortement \u00e9tait pourtant la norme, avait compris qu\u2019avorter c\u2019est assassiner, ainsi les Romains avaient bien compris que l\u2019optimum dans la relation homme-femme, c\u2019\u00e9tait la fid\u00e9lit\u00e9 et la dur\u00e9e du mariage.<\/p>\n<h3>Rituel de la noce romaine<\/h3>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Ainsi, \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la R\u00e9publique, c\u2019est-\u00e0-dire avant J\u00e9sus-Christ, \u00e0 Rome \u00e9taient pr\u00e9vues les fian\u00e7ailles, c\u00e9l\u00e9br\u00e9es par une c\u00e9r\u00e9monie officielle qui incluait l\u2019\u00e9change d\u2019anneaux (mis \u00e0 l\u2019annulaire car, selon Aulu-Gelle, il y aurait <em>\u00ab&nbsp;un nerf tr\u00e8s fin qui part de l\u2019annulaire et arrive au c\u0153ur&nbsp;\u00bb<\/em>). Le mariage venait ensuite&nbsp;: une c\u00e9r\u00e9monie solennelle, marqu\u00e9e par une esp\u00e8ce de communion devant un autel, sur lequel l\u2019on offrait \u00e0 Jupiter un pain d\u2019orge. On proc\u00e9dait aussi au sacrifice d\u2019un animal dont les visc\u00e8res \u00e9taient lues par un <em>aruspice<\/em>. Une femme, mari\u00e9e une seule fois et par cons\u00e9quent signe de bon augure, unissait les mains des \u00e9poux face aux pr\u00eatres et aux t\u00e9moins, en signe de la fonction \u00e9galement sociale du mariage. Hommes et divinit\u00e9s \u00e9taient par cons\u00e9quent appel\u00e9s comme t\u00e9moins d\u2019un fait, dont l\u2019importance \u00e9tait tr\u00e8s claire.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Mais, en v\u00e9rit\u00e9, si nous approfondissons, nous d\u00e9couvrons que m\u00eame la monogamie romaine, peut-\u00eatre la plus solide du monde antique, \u00e9tait invalid\u00e9e par mille exceptions. C\u2019est ainsi que le mari pouvait avoir des relations avec les femmes esclaves, sans que cela constitue le moindre scandale, m\u00eame aux yeux de l\u2019\u00e9pouse&nbsp;; en outre il pouvait r\u00e9pudier sa femme pour une s\u00e9rie assez longue de motifs.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">La monogamie juive ressemblait \u00e9galement \u00e0 une fiction, car les \u00e9coles rabbiniques pouvaient \u00e9tendre ind\u00e9finiment les possibilit\u00e9s de r\u00e9pudiation, ouvrant la voie aux hommes pour des mariages successifs. Bien plus, la polygamie \u00e9tait une pratique assez courante.<\/p>\n<h3>La famille en crise \u00e0 l\u2019\u00e9poque imp\u00e9riale<\/h3>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Si nous revenons \u00e0 Rome, \u00e0 l\u2019\u00e9poque de l\u2019Empire, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 l\u2019\u00e9poque du Christ, et dans les si\u00e8cles o\u00f9 le christianisme s\u2019est affirm\u00e9 graduellement, les m\u0153urs se sont rel\u00e2ch\u00e9es. Tous les historiens s\u2019accordent \u00e0 dire que la monogamie d\u00e9j\u00e0 dissoluble de l\u2019\u00e9poque r\u00e9publicaine traversait une grave crise. La dur\u00e9e moyenne des mariages diminue sans cesse&nbsp;; les divorces ne font qu\u2019augmenter&nbsp;; et m\u00eame la c\u00e9r\u00e9monie de mariage, suivant parfaitement la diminution graduelle du sens du mariage, est chaque fois plus simple, rapide, presque banale.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Comme l\u2019\u00e9crit Igino Giordani dans son chef d\u2019\u0153uvre, <em>Il messaggio sociale del cristianesimo<\/em> (\u00ab&nbsp;Le message social du christianisme&nbsp;\u00bb), <em>\u00ab&nbsp;pour divorcer il n\u2019y avait plus besoin de formalit\u00e9s compliqu\u00e9es. Comme pour se marier. Une simple communication suffisait, par voie orale ou \u00e9crite, ou au moyen d\u2019un message&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;; tout \u00e9tait plus simple par rapport au pass\u00e9 r\u00e9publicain et le divorce <em>\u00ab&nbsp;se transforme en une plaie qui gangr\u00e8ne l\u2019institution du mariage et mine la famille&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Le grand S\u00e9n\u00e8que, contemporain de J\u00e9sus, \u00e9crit qu\u2019en d\u00e9finitive <em>\u00ab&nbsp;les personnes divorcent pour se marier et se marient pour divorcer&nbsp;\u00bb<\/em>. Juv\u00e9nal, au 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle apr\u00e8s J\u00e9sus-Christ, rappelle le nom d\u2019une femme qui s\u2019\u00e9tait mari\u00e9e 8 fois en 5 ans, tandis que Martial d\u00e9crit la crise du mariage contemporain en citant Telesilla avec ses 10 maris. Le grand historien du monde romain Carcopino, dans <em>La vita quotidiana a Roma <\/em>(\u00ab&nbsp;La vie quotidienne \u00e0 Rome&nbsp;\u00bb), confirme les faits&nbsp;: \u00e0 Rome, le divorce \u00e0 l\u2019\u00e9poque pr\u00e9-chr\u00e9tienne \u00e9tait rare&nbsp;; \u00e0 l\u2019\u00e9poque de l\u2019Empire, au contraire, il \u00e9tait extr\u00eamement r\u00e9pandu. \u00c9galement parce que, comme le rappelle l\u2019historienne Eva Cantarella, dans son <em>L\u2019ambiguo malanno<\/em> (\u00ab&nbsp;Le d\u00e9sastre ambigu&nbsp;\u00bb), \u00e0 la possibilit\u00e9 du divorce demand\u00e9 par le mari, avec la femme normalement consid\u00e9r\u00e9e comme une victime impuissante, s\u2019\u00e9tait peu \u00e0 peu renforc\u00e9e la possibilit\u00e9 pour les femmes de demander le divorce.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">C\u2019est un fait incontestable&nbsp;: \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e du Christ et dans les si\u00e8cles suivants, sous l\u2019empire romain, le mariage et la famille \u00e9taient plus que jamais en crise, une crise qui affectait aussi la soci\u00e9t\u00e9 et qui finissait par avoir des r\u00e9percussions d\u00e9mographiques.<\/p>\n<h3>J\u00e9sus n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;r\u00e9aliste&nbsp;\u00bb mais \u00ab&nbsp;r\u00e9volutionnaire&nbsp;\u00bb<\/h3>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, en citant de nouveau Cantarella, la pr\u00e9dication du Christ sur le mariage indissoluble a \u00e9t\u00e9 sans aucun doute peu <em>\u00ab&nbsp;r\u00e9aliste&nbsp;\u00bb<\/em> et assez <em>\u00ab&nbsp;r\u00e9volutionnaire&nbsp;\u00bb<\/em>. Elle l\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u2019autant plus que, pour les pa\u00efens, le mariage durait tant que durait la volont\u00e9 d\u2019\u00eatre ensemble, tandis que les chr\u00e9tiens <em>\u00ab&nbsp;prenaient en consid\u00e9ration la seule volont\u00e9 initiale, en la figeant, pour ainsi dire dans le temps, et en lui attribuant, \u00e0 elle-seule, une valeur d\u00e9terminante&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">De l\u00e0 les l\u00e9gislations des empereurs chr\u00e9tiens, qui peu \u00e0 peu ont commenc\u00e9 \u00e0 limiter les divorces, en imposant <em>\u00ab&nbsp;pour la premi\u00e8re fois une casuistique de circonstances qui les justifiaient&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne l\u2019enseignement et l\u2019\u00e9ducation chr\u00e9tiens, un apolog\u00e8te comme Justin, dans son Apologie pour les chr\u00e9tiens, du 2<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle apr\u00e8s J\u00e9sus-Christ, expose la pens\u00e9e traditionnelle de l\u2019\u00c9glise, condamnant les seconds mariages et le divorce de ses contemporains, invitant \u00e0 respecter tout l\u2019enseignement du Christ qui ne s\u2019impose sans doute pas facilement, surtout dans les classes les plus \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n<h3>L\u2019\u00c9glise face aux \u00ab&nbsp;grands&nbsp;\u00bb du Moyen \u00c2ge<\/h3>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Il semble que c\u2019est Louis le Pieux, fils de Charlemagne, qui fut le premier souverain franc \u00e0 avoir une seule \u00e9pouse, m\u00e9ritant notamment pour ce motif le surnom de \u00ab&nbsp;Pieux&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Au cours des si\u00e8cles suivants, l\u2019\u00c9glise luttera pour enseigner de fa\u00e7on primordiale l\u2019importance et la grandeur de l\u2019indissolubilit\u00e9 du mariage, en la d\u00e9fendant surtout contre les tendances \u00ab&nbsp;machistes&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Nous savons tous que cette intransigeance a conduit \u00e0 un schisme, celui de l\u2019Angleterre d\u2019Henri VIII, quand il aurait suffi, pour l\u2019\u00e9viter, d\u2019annuler le mariage du roi anglais, ou de lui conc\u00e9der le divorce d\u2019avec Catherine.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Mais les cas similaires sont tr\u00e8s nombreux. L\u2019historien Jacques Le Goff l\u2019a rappel\u00e9 dans<em> l\u2019Avvenire<\/em> (21\/1\/2007)&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;On dit souvent qu\u2019en cas d\u2019adult\u00e8re il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9galit\u00e9 entre homme et femme. Or, dans un certain nombre de cas tr\u00e8s particuliers, et souvent c\u00e9l\u00e8bres, l\u2019homme a \u00e9t\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement condamn\u00e9 par l\u2019\u00c9glise. Nous pensons au roi de France Robert le Pieux ou \u00e0 Philippe Auguste. Robert le Pieux, dans les premi\u00e8res ann\u00e9es du 11<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle a d\u00fb se s\u00e9parer de sa seconde \u00e9pouse Berthe de Blois parce que le clerg\u00e9 le consid\u00e9rait bigame (sa premi\u00e8re \u00e9pouse vivait encore), et incestueux (tous les deux \u00e9taient parents au troisi\u00e8me degr\u00e9). Le pape Innocent III, pour sa part, \u00e9lu en 1198, lan\u00e7a l\u2019interdit contre le royaume de Philippe Auguste qui avait r\u00e9pudi\u00e9 en 1193 son \u00e9pouse Ingeburge de Danemark et s\u2019\u00e9tait mari\u00e9 avec Agn\u00e8s de M\u00e9ran. Dans les \u00e9tats-cit\u00e9s du 12<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle en Italie et au 13<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle en France, il existait des articles sur le ch\u00e2timent de l\u2019adult\u00e8re qui pr\u00e9voyaient de dures peines tant pour les hommes que pour les femmes. Ainsi, les Coutumes de Toulouse en 1293 recommandaient et illustraient dans un dessin la castration d\u2019un mari adult\u00e8re\u2026&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Nous pouvons citer un autre cas int\u00e9ressant, qui nous montre combien l\u2019indissolubilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 pour l\u2019\u00c9glise une v\u00e9rit\u00e9 non n\u00e9gociable, aussi pour les plus puissants. C\u2019est le cas de Teutbergue. L\u2019historien am\u00e9ricain Robert Louis Wilken, dans son \u0153uvre <em>The First Thousand Years<\/em> (\u00ab&nbsp;Les mille premi\u00e8res ann\u00e9es&nbsp;\u00bb) raconte \u00e0 propos du pape Nicolas 1<sup>er<\/sup>&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Dans un c\u00e9l\u00e8bre affrontement, le pape a d\u00e9fi\u00e9 le roi Lothaire II de Lotharingie qui avait divorc\u00e9 de son \u00e9pouse Theutberge parce qu\u2019elle ne lui avait pas donn\u00e9 d\u2019h\u00e9ritier m\u00e2le. Quand les archev\u00eaques de Cologne et de Tr\u00e8ves sont arriv\u00e9s \u00e0 Rome avec les transcriptions de ce qui avait \u00e9t\u00e9 dit lors d\u2019un synode local qui avait reconnu la validit\u00e9 du divorce, Nicolas excommunia les deux \u00e9v\u00eaques. Pour toute r\u00e9ponse, l\u2019empereur Louis II (fr\u00e8re de Lothaire) marcha avec ses troupes sur Rome, accusant Nicolas de \u201cvouloir s\u2019\u00e9riger comme \u201bempereur du monde\u2019\u201d&nbsp;\u00bb. Le pape resta ferme sur ses positions et finalement Lothaire dut accepter Theutberge comme \u00e9pouse l\u00e9gitime&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/p>\n<h3>Rome et les \u00ab Lothaire \u00bb d\u2019aujourd\u2019hui<\/h3>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Or, en plus de souligner ce que des gestes comme ceux-ci, r\u00e9p\u00e9t\u00e9s de nombreuses fois tout au long de l\u2019histoire, ont signifi\u00e9 pour la d\u00e9fense de la dignit\u00e9 de la femme, souvent expos\u00e9e, dans le pass\u00e9, \u00e0 la pr\u00e9dominance masculine, on peut conclure ce bref r\u00e9sum\u00e9 historique en l\u2019actualisant.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Aujourd\u2019hui aussi, un pr\u00e9lat allemand voudrait changer la doctrine, soutenu par les Lothaire d\u2019aujourd\u2019hui (le pouvoir m\u00e9diatique, etc.). Mais Rome est Rome et ne peut changer la doctrine. Ce n\u2019est pas par \u00ab&nbsp;m\u00e9chancet\u00e9&nbsp;\u00bb envers les divorc\u00e9s-remari\u00e9s, mais par fid\u00e9lit\u00e9 au Christ et pour le bien des g\u00e9n\u00e9rations futures, auxquelles il convient d\u2019enseigner de nouveau la grandeur et la fid\u00e9lit\u00e9 inh\u00e9rentes \u00e0 l\u2019amour pour toujours.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, il est temps de gu\u00e9rir les blessures et de prendre soin de ceux qui souffrent (une t\u00e2che pastorale qui constitue certainement une perspective pour le futur) mais il est aussi temps de construire lentement, \u00e0 partir des ruines de ce vieux monde, une nouvelle civilisation plus humaine parce que plus chr\u00e9tienne.<\/p>\n<p class=\"corpstextedidoc\" style=\"text-align: justify;\">En rappelant saint Paul quand il parle de l\u2019amour (aussi l\u2019amour conjugal, bien entendu)&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>La charit\u00e9 est patiente, elle est bonne&nbsp;; la charit\u00e9 n\u2019est pas envieuse, la charit\u00e9 n\u2019est pas inconsid\u00e9r\u00e9e, elle ne s\u2019enfle pas d\u2019orgueil&nbsp;; elle ne fait rien d\u2019inconvenant, elle ne cherche pas son int\u00e9r\u00eat, elle ne s\u2019irrite pas, elle ne tient pas compte du mal&nbsp;; elle ne prend pas plaisir \u00e0 l\u2019injustice, mais elle se r\u00e9jouit de la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;; elle excuse tout, elle croit tout, elle esp\u00e8re tout, elle supporte tout. La charit\u00e9 ne passera jamais&nbsp;\u00bb <\/em>(<em>1 Co<\/em> 13, 4-8).<\/p>\n<p class=\"pied\">Francesco Agnoli est professeur d\u2019histoire et de philosophie, \u00e9crivain et essayiste. La version originale en italien de cet article se trouve sur le site de <a href=\"http:\/\/www.lanuovabq.it\/it\/articoli-famiglia-e-divorzial-tempo-di-gesu-era-molto-peggio--9283.htm\">La nuova Bussola quotidiana<\/a>. Pour la traduction fran\u00e7aise, nous nous sommes bas\u00e9s sur le texte publi\u00e9 par le site <a href=\"http:\/\/benoit-et-moi.fr\/2014-I\/actualites\/la-crise-du-mariage--des-rappels-historiques.html\">Beno\u00eet et moi<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intro\"><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intro\">Quand J\u00e9sus promulgua le mariage chr\u00e9tien, la situation de la famille \u00e9tait bien pire qu\u2019aujourd\u2019hui.<\/span><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[67,68,30],"tags":[],"class_list":["post-2171","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-foi","category-mariage-et-famille","category-papers"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2171","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2171"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2171\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2171"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2171"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2171"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}