{"id":2119,"date":"2010-03-12T11:01:18","date_gmt":"2010-03-12T10:01:18","guid":{"rendered":"https:\/\/didoc.be\/justice-de-dieu-et-justice-des-hommes\/"},"modified":"2024-02-04T12:03:31","modified_gmt":"2024-02-04T11:03:31","slug":"justice-de-dieu-et-justice-des-hommes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/didoc.be\/fr\/justice-de-dieu-et-justice-des-hommes\/","title":{"rendered":"Justice de Dieu et justice des hommes"},"content":{"rendered":"<p>Chers fr\u00e8res et s\u0153urs,<\/p>\n<p align=\"justify\">Chaque ann\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;occasion du car\u00eame, l&rsquo;\u00c9glise nous invite \u00e0 une r\u00e9vision de vie sinc\u00e8re \u00e0 la lumi\u00e8re des enseignements \u00e9vang\u00e9liques. Cette ann\u00e9e j&rsquo;aimerais vous proposer quelques r\u00e9flexions sur un vaste sujet, celui de la justice, \u00e0 partir de l&rsquo;affirmation de saint Paul\u00a0: <em> \u00abLa justice de Dieu s&rsquo;est manifest\u00e9e moyennant la foi au Christ.\u00a0\u00bb <\/em> ( <em>Rm <\/em> 3, 21-22)<\/p>\n<h3>Justice\u00a0: \u00ab\u00a0dare cuique suum\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p align=\"justify\">En un premier temps, je souhaite m&rsquo;arr\u00eater sur le sens du mot \u00ab\u00a0justice\u00a0\u00bb qui, dans le langage commun, revient \u00e0 \u00ab\u00a0donner \u00e0 chacun ce qui lui est d\u00fb \u2014 <em> dare cuique suum <\/em> \u00bb selon la c\u00e9l\u00e8bre expression d&rsquo;Ulpien, juriste romain du III\u00e8me si\u00e8cle. Toutefois cette d\u00e9finition courante ne pr\u00e9cise pas en quoi consiste ce <em>\u00ab\u00a0suum\u00a0\u00bb <\/em> qu&rsquo;il faut assurer \u00e0 chacun. Or ce qui est essentiel pour l&rsquo;homme ne peut \u00eatre garanti par la loi. Pour qu&rsquo;il puisse jouir d&rsquo;une vie en pl\u00e9nitude, il lui faut quelque chose de plus intime, de plus personnel et qui ne peut \u00eatre accord\u00e9 que gratuitement\u00a0: nous pourrions dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit pour l&rsquo;homme de vivre de cet amour que Dieu seul peut lui communiquer, l&rsquo;ayant cr\u00e9\u00e9 \u00e0 son image et \u00e0 sa ressemblance. Certes, les biens mat\u00e9riels sont utiles et n\u00e9cessaires. D&rsquo;ailleurs, J\u00e9sus lui-m\u00eame a pris soin des malades, il a nourri les foules qui le suivaient et, sans aucun doute, il r\u00e9prouve cette indiff\u00e9rence qui, aujourd&rsquo;hui encore, condamne \u00e0 mort des centaines de millions d&rsquo;\u00eatres humains, faute de nourriture suffisante, d&rsquo;eau et de soins. Cependant, la justice distributive ne rend pas \u00e0 l&rsquo;\u00eatre humain tout ce qui lui est d\u00fb. L&rsquo;homme a, en fait, essentiellement besoin de vivre de Dieu parce que ce qui lui est d\u00fb d\u00e9passe infiniment le pain. Saint Augustin observe \u00e0 ce propos que <em>\u00ab\u00a0si la justice est la vertu qui rend \u00e0 chacun ce qui lui est d\u00fb&#8230; alors il n&rsquo;y a pas de justice humaine qui \u00f4te l&rsquo;homme au vrai Dieu\u00a0\u00bb <\/em> ( <em>De Civitate Dei <\/em> XIX, 21).<\/p>\n<h3>D&rsquo;o\u00f9 vient l&rsquo;injustice?<\/h3>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;\u00e9vang\u00e9liste Marc nous transmet ces paroles de J\u00e9sus prononc\u00e9es \u00e0 son \u00e9poque lors d&rsquo;un d\u00e9bat sur ce qui est pur et ce qui est impur\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Il n&rsquo;est rien d&rsquo;ext\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;homme qui, p\u00e9n\u00e9trant en lui, puisse le souiller&#8230; ce qui sort de l&rsquo;homme voil\u00e0 ce qui souille l&rsquo;homme. Car c&rsquo;est du dedans, du c\u0153ur des hommes que sortent les desseins pervers.\u00a0\u00bb <\/em> ( <em>Mc <\/em>7, 14-15\u00a0; 20-21). Au-del\u00e0 du probl\u00e8me imm\u00e9diat de la nourriture, nous pouvons d\u00e9celer dans la r\u00e9action des pharisiens une tentation permanente chez l&rsquo;homme\u00a0: celle de pointer l&rsquo;origine du mal dans une cause ext\u00e9rieure. En y regardant de plus pr\u00e8s, on constate que de nombreuses id\u00e9ologies modernes v\u00e9hiculent ce pr\u00e9suppos\u00e9\u00a0: puisque l&rsquo;injustice vient du dehors, il suffit d&rsquo;\u00e9liminer les causes ext\u00e9rieures qui emp\u00eachent l&rsquo;accomplissement de la justice. Cette fa\u00e7on de penser, nous avertit J\u00e9sus, est na\u00efve et <em>aveugle <\/em>. L&rsquo;injustice, cons\u00e9quence du mal, ne vient pas exclusivement de causes ext\u00e9rieures\u00a0; elle trouve son origine dans le c\u0153ur humain o\u00f9 l&rsquo;on d\u00e9couvre les fondements d&rsquo;une myst\u00e9rieuse complicit\u00e9 avec le mal. Le psalmiste le reconna\u00eet douloureusement\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Vois dans la faute je suis n\u00e9, dans le p\u00e9ch\u00e9 ma m\u00e8re m&rsquo;a con\u00e7u. <\/em> \u00bb ( <em>Ps <\/em> 51,7). Oui, l&rsquo;homme est fragilis\u00e9 par une blessure profonde qui diminue sa capacit\u00e9 \u00e0 entrer en communion avec l&rsquo;autre. Naturellement ouvert \u00e0 la <em>r\u00e9ciprocit\u00e9 <\/em>libre de la communion, il d\u00e9couvre en lui une force de gravit\u00e9 \u00e9tonnante qui l&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 se replier sur lui-m\u00eame, \u00e0 s&rsquo;affirmer au-dessus et en opposition aux autres\u00a0: il s&rsquo;agit de l&rsquo;\u00e9go\u00efsme, cons\u00e9quence du p\u00e9ch\u00e9 originel. Adam et Eve ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9duits par le mensonge du Satan. En s&#8217;emparant du fruit myst\u00e9rieux, ils ont d\u00e9sob\u00e9i au commandement divin. Ils ont substitu\u00e9 une logique du soup\u00e7on et de la comp\u00e9tition \u00e0 celle de la confiance en l&rsquo;Amour, celle de l&rsquo;accaparement anxieux et de l&rsquo;autosuffisance \u00e0 celle du recevoir et de l&rsquo;attente confiante vis-\u00e0-vis de l&rsquo;autre (cf. <em>Gn <\/em> 3, 1-6), de sorte qu&rsquo;il en est r\u00e9sult\u00e9 un sentiment d&rsquo;inqui\u00e9tude et d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9. Comment l&rsquo;homme peut-il se lib\u00e9rer de cette tendance \u00e9go\u00efste et s&rsquo;ouvrir \u00e0 l&rsquo;amour\u00a0?<\/p>\n<h3>Justice et Sedaqah<\/h3>\n<p align=\"justify\">Au sein de la sagesse d&rsquo;Isra\u00ebl, nous d\u00e9couvrons un lien profond entre la foi en ce Dieu qui \u00ab\u00a0 <em>de la poussi\u00e8re rel\u00e8ve le faible <\/em>\u00bb ( <em>Ps <\/em> 113,7) et la justice envers le prochain. Le mot <em>sedaqah <\/em>, qui d\u00e9signe en h\u00e9breu la vertu de justice, exprime admirablement cette relation. <em>Sedaqah <\/em> signifie en effet l&rsquo;acceptation totale de la volont\u00e9 du Dieu d&rsquo;Isra\u00ebl et la justice envers le prochain (cf. <em>Ex <\/em> 20,12-17), plus sp\u00e9cialement envers le pauvre, l&rsquo;\u00e9tranger, l&rsquo;orphelin et la veuve (cf. <em>Dt <\/em> 10, 18-19). Ces deux propositions sont li\u00e9es entre elles car, pour l&rsquo;Isra\u00e9lite, donner au pauvre n&rsquo;est que la r\u00e9ciprocit\u00e9 de ce que Dieu a fait pour lui\u00a0: il s&rsquo;est \u00e9mu de la mis\u00e8re de son peuple. Ce n&rsquo;est pas un hasard si le don de la Loi \u00e0 Mo\u00efse, au Sina\u00ef, a eu lieu apr\u00e8s le passage de la Mer Rouge. En effet, l&rsquo;\u00e9coute de la Loi suppose la foi en Dieu qui, le premier, a \u00e9cout\u00e9 les cris de son peuple et est descendu pour le lib\u00e9rer du pouvoir de l&rsquo;Egypte (cf. <em>Ex <\/em> 3, 8). Dieu est attentif au cri de celui qui est dans la mis\u00e8re mais en retour demande \u00e0 \u00eatre \u00e9cout\u00e9\u00a0: il demande justice pour le pauvre (cf. <em>Sir <\/em> 4, 4-5. 8-9), l&rsquo;\u00e9tranger (cf. <em>Ex <\/em> 22, 20), l&rsquo;esclave (cf. <em>Dt <\/em> 15, 12-18). Pour vivre de la justice, il est n\u00e9cessaire de sortir de ce r\u00eave qu&rsquo;est l&rsquo;autosuffisance, de ce profond repliement sur soi qui g\u00e9n\u00e8re l&rsquo;injustice. En d&rsquo;autres termes, il faut accepter un exode plus profond que celui que Dieu a r\u00e9alis\u00e9 avec Mo\u00efse, il faut une lib\u00e9ration du c\u0153ur que la lettre de la Loi est impuissante \u00e0 accomplir. Y a-t-il donc pour l&rsquo;homme une esp\u00e9rance de justice\u00a0?<\/p>\n<h3>Le Christ, Justice de Dieu<\/h3>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;annonce de la bonne nouvelle r\u00e9pond pleinement \u00e0 la soif de justice de l&rsquo;homme. L&rsquo;ap\u00f4tre saint Paul le souligne dans son <em>\u00c9p\u00eetre aux Romains <\/em>:\u00a0 <em>\u00ab\u00a0Mais maintenant sans la Loi, la justice de Dieu s&rsquo;est manifest\u00e9e&#8230; par la foi en J\u00e9sus Christ \u00e0 l&rsquo;adresse de tous ceux qui croient. Car il n&rsquo;y a pas de diff\u00e9rence\u00a0: tous ont p\u00e9ch\u00e9 et sont priv\u00e9s de la gloire de Dieu et ils sont justifi\u00e9s par la faveur de sa gr\u00e2ce en vertu de la r\u00e9demption accomplie par le Christ J\u00e9sus. Dieu l&rsquo;a expos\u00e9 instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi <\/em>.\u00a0\u00bb (3, 21-25).<\/p>\n<p align=\"justify\">Quelle est donc la justice du Christ\u00a0? C&rsquo;est avant tout une justice n\u00e9e de la gr\u00e2ce o\u00f9 l&rsquo;homme n&rsquo;est pas sauveur et ne gu\u00e9rit ni lui-m\u00eame ni les autres. Le fait que l&rsquo;expiation s&rsquo;accomplisse dans \u00ab\u00a0le sang\u00a0\u00bb du Christ signifie que l&rsquo;homme n&rsquo;est pas d\u00e9livr\u00e9 du poids de ses fautes par ses sacrifices, mais par le geste d&rsquo;amour de Dieu qui a une dimension infinie, jusqu&rsquo;\u00e0 faire passer en lui la mal\u00e9diction qui \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;homme pour lui rendre la b\u00e9n\u00e9diction r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 Dieu (cf. <em>Gal <\/em> 3, 13-14). Mais imm\u00e9diatement pourrait-on objecter\u00a0:\u00a0 de quel type de justice s&rsquo;agit-il si le juste meurt pour le coupable et le coupable re\u00e7oit en retour la b\u00e9n\u00e9diction qui revient au juste\u00a0? Est-ce que chacun ne re\u00e7oit-il pas le contraire de ce qu&rsquo;il lui est d\u00fb\u00a0? En r\u00e9alit\u00e9, ici, la justice divine se montre profond\u00e9ment diff\u00e9rente de la justice humaine. Dieu a pay\u00e9 pour nous, en son Fils, le prix du rachat, un prix vraiment exorbitant. Face \u00e0 la justice de la Croix, l&rsquo;homme peut se r\u00e9volter car elle manifeste la d\u00e9pendance de l&rsquo;homme, sa d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis d&rsquo;un autre pour \u00eatre pleinement lui-m\u00eame. Se convertir au Christ, croire \u00e0 l&rsquo;\u00c9vangile, implique d&rsquo;abandonner vraiment l&rsquo;illusion d&rsquo;\u00eatre autosuffisant, de d\u00e9couvrir et accepter sa propre indigence ainsi que celle des autres et de Dieu, enfin de d\u00e9couvrir la n\u00e9cessit\u00e9 de son pardon et de son amiti\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">On comprend alors que la foi ne soit pas du tout quelque chose de naturel, de facile et d&rsquo;\u00e9vident\u00a0: il faut \u00eatre humble pour accepter que quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre me lib\u00e8re de mon moi et me donne gratuitement en \u00e9change son soi. Cela s&rsquo;accomplit sp\u00e9cifiquement dans les sacrement de la r\u00e9conciliation et de l&rsquo;eucharistie. Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;action du Christ, nous pouvons entrer dans une justice \u00ab\u00a0plus grande\u00a0\u00bb, celle de l&rsquo;amour (cf. <em>Rm <\/em> 13, 8-10), la justice de celui qui, dans quelque situation que ce soit, s&rsquo;estime davantage d\u00e9biteur que cr\u00e9ancier parce qu&rsquo;il a re\u00e7u plus que ce qu&rsquo;il ne pouvait esp\u00e9rer.<\/p>\n<p align=\"justify\">Fort de cette exp\u00e9rience, le chr\u00e9tien est invit\u00e9 \u00e0 s&rsquo;engager dans la construction de soci\u00e9t\u00e9s justes o\u00f9 tous re\u00e7oivent le n\u00e9cessaire pour vivre selon leur dignit\u00e9 humaine et o\u00f9 la justice est vivifi\u00e9e par l&rsquo;amour.<\/p>\n<p align=\"justify\">Chers fr\u00e8res et s\u0153urs, le temps du car\u00eame culmine dans le triduum pascal, au cours duquel cette ann\u00e9e encore, nous c\u00e9l\u00e9brerons la justice divine, qui est pl\u00e9nitude de charit\u00e9, de don et de salut. Que ce temps de p\u00e9nitence soit pour chaque chr\u00e9tien un temps de vraie conversion et d&rsquo;intime connaissance du myst\u00e8re du Christ venu accomplir toute justice. Formulant ces v\u0153ux, j&rsquo;accorde \u00e0 tous et de tout c\u0153ur ma b\u00e9n\u00e9diction apostolique.<\/p>\n<p><em>Cit\u00e9 du Vatican, le 30 octobre 2009 <\/em><\/p>\n<p class=\"pied\"><em>Source\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.vatican.va <\/a>. Le titre est de notre r\u00e9daction.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous publions ici le message du pape Beno\u00eet XVI \u00e0 l\u2019occasion du Car\u00eame<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4815,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[70],"tags":[],"class_list":["post-2119","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-eglise"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2119","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2119"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2119\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4815"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2119"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2119"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2119"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}