{"id":2086,"date":"2010-10-10T21:07:58","date_gmt":"2010-10-10T19:07:58","guid":{"rendered":"https:\/\/didoc.be\/comment-jesus-est-devenu-dieu-1-2\/"},"modified":"2024-10-25T14:39:02","modified_gmt":"2024-10-25T12:39:02","slug":"comment-jesus-est-devenu-dieu-1-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/didoc.be\/fr\/comment-jesus-est-devenu-dieu-1-2\/","title":{"rendered":"Comment J\u00e9sus est devenu Dieu (1\/2)"},"content":{"rendered":"<p>Vouloir percer le myst\u00e8re de l&rsquo;identit\u00e9 du Christ est une aventure intellectuelle qui n&rsquo;est pas nouvelle. Il y a eu d&rsquo;innombrables tentatives dans l&rsquo;histoire. L&rsquo;originalit\u00e9 de celle-ci r\u00e9side dans sa bri\u00e8vet\u00e9 et sa simplicit\u00e9\u00a0: 325 pages, sans presque aucune note explicative. D&rsquo;autres auteurs ont fait preuve de davantage de sens du d\u00e9tail et de l&rsquo;\u00e9rudition. A titre de comparaison\u00a0: la traduction fran\u00e7aise de l&rsquo;\u0153uvre c\u00e9l\u00e8bre d&rsquo;Aloys Grillmeier (\u00ab\u00a0Le Christ dans la tradition chr\u00e9tienne\u00a0\u00bb), publi\u00e9e aux \u00e9ditions du Cerf, aborde le m\u00eame sujet et le m\u00eame contexte en 1.118 pages et des centaines de notes.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lenoir a gagn\u00e9 le pari de r\u00e9aliser une synth\u00e8se de l&rsquo;histoire \u00e0 la fois complexe, subtile et longue du dogme chr\u00e9tien sur J\u00e9sus-Christ sous forme d&rsquo;une \u00e9tude compl\u00e8te, bien r\u00e9dig\u00e9e et captivante. En marge de l&rsquo;histoire des id\u00e9es, l&rsquo;auteur ajoute ici et l\u00e0 des anecdotes, plus ou moins en lien direct avec le sujet du livre. Il fait aussi quelques digressions qui tendent \u00e0 illustrer ses larges connaissances.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le livre se compose d&rsquo;un prologue, de trois parties et d&rsquo;un \u00e9pilogue. Les trois parties centrales, compos\u00e9es chacune de sept courts chapitres, traitent de\u00a0: 1) J\u00e9sus vu par ses contemporains\u00a0; 2) les questions sur l&rsquo;identit\u00e9 de J\u00e9sus pendant les 2 \u00e8me et 3 \u00e8me si\u00e8cles\u00a0; 3) la p\u00e9riode qui s&rsquo;\u00e9tend de Constantin au concile de Chalc\u00e9doine.<\/p>\n<p align=\"justify\">Un si vaste sujet suppose de profondes connaissances en ex\u00e9g\u00e8se, histoire, philosophie et th\u00e9ologie. Qui a l&rsquo;ambition de traiter cette question s&rsquo;attelle donc \u00e0 une entreprise risqu\u00e9e, dont on sort difficilement indemne. Lenoir ne fait pas exception. Quelques exemples\u00a0: \u00e0 la page 227, il nous dit que c&rsquo;est au concile de Nic\u00e9e qu&rsquo;est n\u00e9 le Magist\u00e8re de l&rsquo;Eglise. Il semble oublier que St Pierre l&rsquo;avait inaugur\u00e9 d\u00e8s le jour de la Pentec\u00f4te , qu&rsquo;il y a eu un premier concile \u00e0 J\u00e9rusalem en 49, et que des papes et de nombreux conciles provinciaux et r\u00e9gionaux se sont prononc\u00e9s pendant trois si\u00e8cles sur nombre de sujets. En parlant de ce m\u00eame concile de Nic\u00e9e, au passage, notre auteur pr\u00e9tend porter un coup \u00e0 la pratique du c\u00e9libat eccl\u00e9siastique\u00a0: il rappelle que le concile n&rsquo;imposa pas le c\u00e9libat aux pr\u00eatres (ce qui est vrai), mais il omet de signaler que le m\u00eame concile insista sur le maintien de la continence pour les clercs mari\u00e9s, une exigence qui sous-tendra plus tard la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du c\u00e9libat. En outre, Lenoir nous parle du r\u00f4le central qu&rsquo;aurait jou\u00e9 dans cette affaire l&rsquo;\u00e9v\u00eaque Paphnuce, sans savoir qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une fable\u00a0: ce personnage n&rsquo;a pas particip\u00e9 au concile, comme l&rsquo;historiographie l&rsquo;a d\u00e9montr\u00e9 depuis longtemps.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lenoir est aussi impr\u00e9cis \u2014 et injuste \u2014 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du pape Lib\u00e8re. Il l&rsquo;accuse d&rsquo;avoir sign\u00e9 un document h\u00e9r\u00e9tique et un autre douteux pour obtenir son retour de l&rsquo;exil. L&rsquo;affaire est bien plus complexe. Les historiens modernes d\u00e9fendent l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 et le courage du pape et nient la signature du document h\u00e9r\u00e9tique, m\u00eame s&rsquo;ils reconnaissent qu&rsquo;il signa un document douteux sur la doctrine christologique, sans toutefois engager l&rsquo;autorit\u00e9 pontificale.<\/p>\n<p align=\"justify\">Plus grave est, \u00e0 mon avis, l&rsquo;expos\u00e9 de Lenoir sur la r\u00e9surrection de J\u00e9sus (p. 306). Il ne s&rsquo;agirait pas de la r\u00e9animation du cadavre, et ce ne serait donc pas une vraie r\u00e9surrection. Ajoutons aussi que la R\u00e9surrection du Christ ne fut pas un r\u00e9tour \u00e0 la vie terrestre. Dans son corps r\u00e9ssuscit\u00e9, Il passe \u00e0 une autre vie au-del\u00e0 du temps et de l&rsquo;espace.<\/p>\n<p align=\"justify\">A c\u00f4t\u00e9 de ces erreurs et impr\u00e9cisions, il faut relever un certain penchant \u00e0 exag\u00e9rer le r\u00f4le jou\u00e9 par les empereurs, une franche antipathie \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des personnes qui ont d\u00e9fendu l&rsquo;orthodoxie (Cyrille d&rsquo;Alexandrie est particuli\u00e8rement vis\u00e9) et certaines affirmations graves, comme dire que l&rsquo;Eglise s&rsquo;est en grande partie d\u00e9tourn\u00e9e des principes de l&rsquo;Evangile (pp. 15-16). En somme, on ne peut se d\u00e9partir de l&rsquo;impression que l&rsquo;analyse de Lenoir est biais\u00e9e par un parti-pris n\u00e9gatif \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;Eglise et de sa doctrine.<\/p>\n<p align=\"justify\">On ressent le m\u00eame malaise \u00e0 la lecture de la th\u00e8se centrale du livre, \u00e0 savoir que jamais J\u00e9sus de Nazareth ne se serait consid\u00e9r\u00e9 lui-m\u00eame Dieu, et jamais les ap\u00f4tres ni la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration des chr\u00e9tiens n&rsquo;auraient cru en la divinit\u00e9 de J\u00e9sus. Ils ont pens\u00e9 que le Christ \u00e9tait un proph\u00e8te, le Messie, le Fils de Dieu dans un sens large, mais pas du tout Dieu.<\/p>\n<p align=\"justify\">La foi dans la divinit\u00e9 de J\u00e9sus commence, d&rsquo;apr\u00e8s notre auteur, avec l&rsquo;\u00e9vangile de St Jean, publi\u00e9 au d\u00e9but du 2 \u00e8me si\u00e8cle. Cet argument a valeur de fondement, sur lequel repose tout le reste du raisonnement. A d\u00e9faut de l&rsquo;\u00e9tayer, tout le reste s&rsquo;\u00e9croule. Il nous revient donc d&rsquo;\u00e9tudier ce point attentivement.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour \u00e9tudier le probl\u00e8me de la divinit\u00e9 du Christ, il faut examiner deux questions\u00a0: 1) les t\u00e9moignages historiques et 2) la validit\u00e9 qu&rsquo;on peut leur accorder.<\/p>\n<p align=\"justify\">Concernant la premi\u00e8re question, Lenoir minimise les arguments habituellement avanc\u00e9s par les d\u00e9fenseurs de la divinit\u00e9 du Christ. Par exemple, le titre de Seigneur ( <em>Kyrios <\/em>), attribu\u00e9 au Christ tout au long du Nouveau Testament, est celui qu&#8217;emploie la traduction grecque de l&rsquo;Ancien Testament pour faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Dieu. Les milieux juifs de l&rsquo;\u00e9poque de J\u00e9sus et de l&rsquo;Eglise primitive font de m\u00eame. Lenoir le reconna\u00eet mais se livre ensuite \u00e0 un tour de passe-passe. Selon lui, dans les milieux pa\u00efens, ce titre de Seigneur \u00e9tait galvaud\u00e9 et s&rsquo;appliquait aussi \u00e0 des personnes qui occupaient un certain rang dans l&rsquo;\u00e9chelle sociale. Comme St Paul \u00e9tait ap\u00f4tre dans ces cercles pa\u00efens, toujours selon Lenoir, il pouvait employer ce titre sans autre connotation que celle qui \u00e9tait propre \u00e0 ces milieux. Cependant il semble oublier que, dans chaque ville, St Paul s&rsquo;adresse en premier lieu aux Juifs. En outre, Marc, Luc et Matthieu \u2014 ce dernier \u00e9tant un Juif qui \u00e9crit pour les Juifs \u2014, utilisent le titre de Seigneur. Par ailleurs, Matthieu, \u00e0 la suite de l&rsquo;\u00e9pisode de la marche de J\u00e9sus sur les eaux, raconte que les ap\u00f4tres <em>\u00ab\u00a0se prostern\u00e8rent devant lui en disant\u00a0: vraiment, tu es Fils de Dieu\u00a0\u00bb <\/em> ( <em>Mt <\/em> 14, 33). A supposer que d&rsquo;autres passages soient \u00e9quivoques, ici il n&rsquo;y a aucun doute\u00a0: l&rsquo;expression \u00ab\u00a0Fils de Dieu\u00a0\u00bb est \u00e0 prendre au sens strict, puisqu&rsquo;elle est utilis\u00e9e dans le cadre d&rsquo;un acte d&rsquo;adoration, que les Juifs r\u00e9servaient \u00e0 Dieu seul.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lenoir adopte une attitude semblable devant deux textes de St Paul qui semblent assez explicites \u00e0 l&rsquo;heure de confesser la divinit\u00e9 du Christ\u00a0: <em>\u00ab\u00a0en Lui <\/em>[J\u00e9sus] <em> habite corporellement toute la Pl\u00e9nitude de la Divinit\u00e9 \u00a0\u00bb <\/em> ( <em>Col <\/em> 2, 9). Et <em>\u00ab\u00a0Lui qui \u00e9tait de condition divine (&#8230;) s&rsquo;est d\u00e9pouill\u00e9, prenant la forme d&rsquo;esclave\u00a0\u00bb <\/em> (cf. <em>Ph <\/em> 2, 6-11). La critique moderne dit que ce deuxi\u00e8me texte provient d&rsquo;un hymne que les chr\u00e9tiens chantaient. L&rsquo;\u00e9p\u00eetre aux Philippiens est dat\u00e9e, au plus tard, de l&rsquo;ann\u00e9e 60. L&rsquo;existence de l&rsquo;hymne montre qu&rsquo;au moins d\u00e8s les ann\u00e9es 50, l&rsquo;Eglise croyait en la divinit\u00e9 de J\u00e9sus de Nazareth. Lenoir cite de fa\u00e7on correcte ces deux textes, mais il les r\u00e9duit \u00e0 des exemples qui montrent, dit-il, que <em>\u00ab\u00a0les premiers chr\u00e9tiens h\u00e9sitent \u00e0 donner le nom divin \u00e0 J\u00e9sus\u00a0\u00bb <\/em> (p. 87). Honn\u00eatement, on ne voit pas tr\u00e8s bien o\u00f9 appara\u00eet l&rsquo;h\u00e9sitation. On y voit plut\u00f4t deux manifestations claires d&rsquo;une foi en la divinit\u00e9 du Christ qui doit encore m\u00fbrir dans sa formulation.<\/p>\n<p align=\"justify\">A ces consid\u00e9rations, on pourrait ajouter beaucoup d&rsquo;autres raisons et indices, pr\u00e9sents tout au long des textes du Nouveau Testament, m\u00eame des plus anciens, en faveur de la conscience que J\u00e9sus avait d&rsquo;\u00eatre Dieu (il se consid\u00e8re plus grand que le Temple, plus grand que Mo\u00efse, \u00e0 la hauteur de Celui qui donne la Loi au Sina\u00ef, etc.), et de la foi des ap\u00f4tres dans la divinit\u00e9 de leur Ma\u00eetre, surtout \u00e0 partir de sa r\u00e9surrection. On peut trouver un bon nombre de ces raisons dans des \u0153uvres d&rsquo;ex\u00e9g\u00e8tes comme Rudolf Pesch et Rufolf Schnackenburg, parmi beaucoup d&rsquo;autres. Ou dans des \u0153uvres th\u00e9ologiques de haute divulgation comme \u00ab\u00a0J\u00e9sus de Nazareth\u00a0\u00bb de Beno\u00eet XVI (tr\u00e8s pr\u00e9cis, de fa\u00e7on particuli\u00e8re sur ce point), ou \u00ab\u00a0Les raisons de croire\u00a0\u00bb, d&rsquo;Andr\u00e9-Joseph L\u00e9onard. Ou encore dans une \u0153uvre peut-\u00eatre plus acceptable pour Lenoir\u00a0: \u00ab\u00a0P\u00e9dagogie du Christ\u00a0\u00bb de Bernard Sesbo\u00fc\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Sur la question de savoir quelle validit\u00e9 nous pouvons accorder aux t\u00e9moignages transmis par le Nouveau Testament, Lenoir est fort discret. A peine un paragraphe \u00e0 la page 25 et quelques allusions \u00e9parses. Et pour cause\u00a0: une fois qu&rsquo;il pense avoir d\u00e9montr\u00e9 que J\u00e9sus ne pr\u00e9tend pas \u00eatre Dieu et que les ap\u00f4tres et les premiers chr\u00e9tiens n&rsquo;affirment pas non plus sa divinit\u00e9, il n&rsquo;a plus besoin de critiquer la fiabilit\u00e9 de ces t\u00e9moignages, puisqu&rsquo;ils concordent avec ses id\u00e9es (sur ce sujet, en plus des \u0153uvres mentionn\u00e9es plus haut, le livre de Vittorio Messori \u00ab\u00a0Hypoth\u00e8ses sur J\u00e9sus\u00a0\u00bb peut \u00eatre tr\u00e8s utile).<\/p>\n<p align=\"justify\">Si le substrat de la foi (dogme de la Trinit\u00e9 et divinit\u00e9 du Christ) n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini qu&rsquo;\u00e0 la fin du 4 \u00e8me si\u00e8cle, cela veut-il dire que les ap\u00f4tres n&rsquo;ont pas eu de foi authentique et compl\u00e8te\u00a0? Voil\u00e0 une question que Lenoir se pose dans l&rsquo;\u00e9pilogue de son livre (p. 304). Ce faisant, il pr\u00e9tend mettre en relief l&rsquo;absurdit\u00e9 de la position catholique. En r\u00e9alit\u00e9, ce qu&rsquo;il r\u00e9v\u00e8le ainsi, c&rsquo;est son incompr\u00e9hension de l&rsquo;id\u00e9e du d\u00e9veloppement dogmatique, constant dans la vie de l&rsquo;Eglise, magnifiquement d\u00e9crit d\u00e9j\u00e0 par St Vincent de L\u00e9rins au 5 \u00e8me si\u00e8cle et magistralement rappel\u00e9 au 19 \u00e8me si\u00e8cle par le bienheureux John Henry Newman.<\/p>\n<p align=\"justify\">De fa\u00e7on synth\u00e9tique, voici comment on pourrait d\u00e9crire les grandes \u00e9tapes du d\u00e9veloppement de la foi en la divinit\u00e9 de J\u00e9sus\u00a0: les ap\u00f4tres, avec leurs limitations, prennent progressivement conscience de la pr\u00e9tention de J\u00e9sus \u00e0 la divinit\u00e9. La R\u00e9surrection les confirme d\u00e9finitivement dans cette foi. Ce n&rsquo;est que par la suite qu&rsquo;ils chercheront \u00e0 expliquer comment l&rsquo;humanit\u00e9 et la divinit\u00e9 peuvent co-exister en J\u00e9sus-Christ. Cette recherche s&rsquo;\u00e9talera sur plus de 400 ans de pol\u00e9miques, d&rsquo;erreurs et de t\u00e2tonnements, pour aboutir \u00e0 la d\u00e9finition de Chalc\u00e9doine. Un constat s&rsquo;impose\u00a0: la foi est pr\u00e9sente d\u00e8s l&rsquo;origine, tandis que la formulation dogmatique a m\u00fbri pendant des si\u00e8cles.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une derni\u00e8re question\u00a0: si Fr\u00e9d\u00e9ric Lenoir, et, avant lui, tant d&rsquo;ex\u00e9g\u00e8tes, de th\u00e9ologiens, d&rsquo;historiens et d&rsquo;autres sp\u00e9cialistes n&rsquo;ont pas cru en la divinit\u00e9 du Christ, ne faudrait-il pas conclure que les arguments fournis par le Nouveau Testament \u2014 m\u00eame dans les textes les plus anciens \u2014 ne sont pas concluants\u00a0? Peut-\u00eatre. Mais si les v\u00e9rit\u00e9s de notre foi s&rsquo;imposaient rationnellement, la foi serait \u00e9limin\u00e9e au profit de l&rsquo;\u00e9vidence. Nous n&rsquo;aurions ni la dignit\u00e9 d&rsquo;\u00eatres libres face \u00e0 la foi, ni le m\u00e9rite de croire. L&rsquo;Eglise a toujours d\u00e9fendu la libert\u00e9 de notre foi, que Pascal exprimait ainsi\u00a0: <em>\u00ab\u00a0il y a assez de lumi\u00e8re pour ceux qui ne d\u00e9sirent que de voir, et assez d&rsquo;obscurit\u00e9 pour ceux qui ont une disposition contraire\u00a0\u00bb <\/em> ( <em>Pens\u00e9es <\/em>, \u00e9d. J. Chevalier, 483). Et il ajoutait, en rappelant le titre de \u00ab\u00a0Deus absconditus\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Dieu cach\u00e9\u00a0\u00bb) que le proph\u00e8te Isa\u00efe donne \u00e0 Dieu\u00a0: <em>\u00ab\u00a0que Dieu a \u00e9tabli des marques sensibles dans l&rsquo;Eglise pour se faire reconna\u00eetre \u00e0 ceux qui le chercheraient sinc\u00e8rement, et qu&rsquo;il les a couvertes n\u00e9anmoins de telle sorte qu&rsquo;il ne sera aper\u00e7u que de ceux qui le cherchent de tout leur c\u0153ur\u00a0\u00bb <\/em> ( <em>ibidem <\/em>, 335).<\/p>\n<p align=\"justify\">En conclusion, il y a des arguments amplement suffisants pour que notre foi dans la divinit\u00e9 du Christ soit une foi raisonnable et non une foi aveugle, un choix purement sentimental. Dieu est Amour, bien s\u00fbr. Et \u00e0 l&rsquo;Amour on peut arriver avec les \u00ab\u00a0raisons du c\u0153ur\u00a0\u00bb. Mais Il est aussi V\u00e9rit\u00e9. Et \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 on doit acc\u00e9der par la voie de la raison.<\/p>\n<p>Emmanuel Cabello est pr\u00eatre, Docteur en Sciences de l&rsquo;Education et en Th\u00e9ologie .<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u00e9sus-Christ est-il Dieu ? Ou bien les hommes ont-ils fait de lui un Dieu ? Voil\u00e0 la question fondamentale que pose Fr\u00e9d\u00e9ric Lenoir, dans son livre \u00ab Comment J\u00e9sus est devenu Dieu \u00bb, publi\u00e9 cette ann\u00e9e aux \u00e9ditions Fayard.Fr\u00e9d\u00e9ric Lenoir est directeur de la revue \u00ab Le Monde des religions \u00bb et auteur de nombreuses publications sur des sujets religieux.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6152,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[67],"tags":[],"class_list":["post-2086","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-foi"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2086","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2086"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2086\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6152"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2086"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2086"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/didoc.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2086"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}